Oise

Le Palais de Compiègne

Le palais de Compiègne est ancré dans l’histoire de la monarchie française. Cet attachement de treize siècles s’explique : en effet, la ville n’est jamais sortie du domaine royal puisqu’elle est située à proximité de Paris et en lisière d’une forêt propice à la chasse. Compiègne est aussi une étape traditionnelle et importante de la route du sacre, à Reims. Tel qu’on le connait aujourd’hui, le palais – devenu Musée National en 1927 – est le résultat du passage de ses différents occupants.

Le domaine de Compiègne est attesté depuis le règne de Clovis entre 481 et 511. Les rois mérovingiens y font construire une résidence assez simple où ils effectuent de fréquents séjours. Sous les Carolingiens, Charles II le Chauve fait édifier, à partir de 848, un nouveau palais sur les bords de l’Oise.

 

Au XIIème siècle, Philippe II Auguste fait édifier un château fort. Mais ce château capétien disparaît à son tour puisque, dès le XIIIème, Saint-Louis le détruit pour faire édifier un Hotel-Dieu à son emplacement (les actuelles salles Saint Nicolas). Aujourd’hui, le seul vestige de ce château est le donjon qui a été rebaptisé tour Jeanne d’Arc.

 

En 1374, le roi Charles V fait construire un nouveau château, à proximité des remparts car il trouvait que l’ancien n’était pas assez sûre. La résidence royale trouve ainsi sa localisation définitive.

Cependant, à partir de la fin du XVIème siècle, cette demeure médiévale devient trop petite : seule la famille royale peut l’occuper, les courtisans devant loger chez l’habitant. Louis XIV considère alors qu’il est « logé à Compiègne en paysan alors qu’il se sent traité en roi à Versailles et en gentilhomme à Fontainebleau ». A partir de 1698, la Cour ne vient donc plus à Compiègne.

 

En 1728, presque par hasard, Louis XV découvre le château et la forêt de Compiègne. Séduit, il y fait des séjours réguliers et entreprend, à partir de 1733, des aménagements intérieurs. Très vite cependant, l’idée d’une reconstruction totale s’impose. La particularité de ce projet est de concevoir un palais à l’architecture néo-classique. Compiègne devient ainsi le précurseur d’un style qui s’imposera dans toute l’Europe à la fin du siècle. Les travaux d’agrandissements commencent en 1751 et sont suffisamment avancés pour permettre à Louis XV d’organiser en 1770 à Compiègne la rencontre entre l’archiduchesse Marie- Antoinette d’Autriche et son fiancé, le dauphin Louis-Auguste. Louis XV ne vit jamais le palais achevé.

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Devenu roi en 1774, Louis XVI demanda que les travaux se poursuivent en respectant le projet initial. Louis XVI et Marie-Antoinette ne pourront également pas admirer le résultat final puisque les travaux s’achèvent en 1788, à la veille de la Révolution. Et le palais ne sera pas épargné. En effet, entre mai et septembre 1795, tout le mobilier est dispersé lors des ventes révolutionnaires.

 

Devenu empereur, Napoléon Ier décide de restaurer le palais et le parc. A l’occasion de son remariage, il décide d’accélérer les travaux afin d’accueillir le 27 mars 1810 sa nouvelle épouse, l’archiduchesse Marie-Louise d’Autriche, à Compiègne. L’allée des Beaux-Monts est créée entre 1810 et 1853. L’allée visait à reproduire la perspective de Schönbrunn près de Vienne, le palais d’été de la dynastie austro-hongroise. Compiègne est aujourd’hui la seule des anciennes résidences impériales à présenter un ensemble tel ensemble de décors et d’ameublement du Premier Empire.

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Pendant la Restauration, Louis XVIII et la duchesse d’Angoulême – fille de Louis XVI et Marie-Antoinette – reviennent fréquemment séjourner à Compiègne qu’ils avaient connu sous l’Ancien Régime. Cependant, ils se contentent d’utiliser le palais tel qu’il était à la fin de l’Empire sans le réaménager.

 

Sous la Monarchie de Juillet, le roi Louis-Philippe décide de célébrer à Compiègne, dans une certaine intimité, le mariage de sa fille aînée Louise-Marie d’Orléans avec le roi des Belges Léopold Ier, un protestant. Louis-Philippe commandera également des travaux dans la Chapelle ainsi que dans les appartements où il fait installer un système de chauffage.

 

En 1852, Napoléon III décide d’épouser Eugénie de Montijo. Dès lors, le nouveau couple impérial va rendre au palais tout son faste. Des appartements d’invités, une Bibliothèque et un Fumoir sont créés au deuxième étage. L’impératrice Eugénie fait redécorer certains salons comme le salon de Musique ou le Salon de Réception selon ses goûts personnels. Et l’empereur fait construire la Galerie neuve qui permet d’accéder directement au Grand Théâtre. Ce théâtre ne sera jamais achevé, puisque la défaite de Sedan provoquera la chute de l’Empire en 1870.

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Avec la chute de l’Empire, Compiègne perd définitivement sa fonction résidentielle. La IIIè République transforme donc le palais en musée. Dès 1874, un musée archéologique, un musée de peinture et un musée khmer sont installés avant de disparaître ou de déménager.

 

Pendant la Première Guerre Mondiale, le palais est brièvement occupé avant d’être transformé en hôpital militaire. A partir d’avril 1917, il accueille le Grand Quartier Général. A la fin du conflit, les bureaux d’administrations civiles sont installés dans les locaux mais un incendie ravage le cabinet du Conseil et la chambre de l’Empereur. L’émotion suscitée facilite le retour du palais à sa vocation de musée. En 1926, le musée de la Voiture et du Tourisme est donc créé.

 

En 1938, une grande partie des collections ainsi que le mobilier du palais sont évacués face aux risques d’une nouvelle guerre. A la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’Etat souhaite y installer un musée consacré au Second Empire, qui voit le jour en 1953. Les conservateurs successifs entament des chantiers de restauration selon le principe de la restitution des états historiques :  ce qui consiste à rendre à une pièce l’aspect qu’elle avait à une date précise, choisie en fonction des possibilités de présenter un état historique aussi complet que possible. Les appartements ont enfin pu rouvrir à la visite en 1988.

 

Article en collaboration photographique avec Renaud. Retrouvez également ses photos sur sa page Facebook.

Le Palais de Compiègne est actuellement fermé pour raisons sanitaires. Plus d’informations sur leur site Internet, leur page Facebook, leur compte Instagram ou par téléphone au  03 44 38 47 00. Tarifs habituels : 7.50€. Adresse : Place du Général de Gaulle, 60200 Compiègne.

Alexandra

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