Oise

L’Abbaye de Chiry-Ourscamp

Les vestiges de l’abbaye d’Ourscamp sont le témoignage le plus important des grandes abbayes cisterciennes de l’Oise.

L’abbaye est fondée en 1129 par Simon de Vermandois, évêque de Noyon et cousin du roi de France Louis VI. Avant l’abbaye, il y avait un oratoire fondé par saint Eloi vers 641. La légende raconte qu’un jour, en plein travaux, un ours a dévoré le bœuf qui tirait un chariot de pierres. Éloi, pas content, alla trouver l’ours et lui ordonna de prendre la place du bœuf mort, ce qu’il fit. Le lieu prit donc le nom du champ de travail de l’ours, Ourscamp. L’ours est ainsi devenu le symbole de l’abbaye.

Les constructions suivent le rythme du développement. La première église est consacrée en 1134, puis un deuxième édifice – plus vaste – est consacré en 1201. Le chœur est agrandi vers 1250. Cette église se caractérise par la délicatesse de ses lignes, la verticalité de ses fenêtres hautes qui est amplifiée par la suppression du triforium. Son chœur d’une grande sobriété se veut le reflet de la simplicité et du désir de pureté des Cisterciens.

En 1358, Ourscamp compte 120 moines et 80 convers quand débute son déclin. Pillée pendant la Guerre de 100 ans, subissant de lourds dégâts à l’occasion des conflits franco-espagnols au 16e, l’abbaye fut reconstruite mais ne se releva jamais vraiment…

Un renouveau architectural a cependant lieu au cours des 17e et 18e siècles. Avec l’avènement du 1er abbé commendataire en 1556, les dirigeants seront de plus en plus fortunés… Dès la fin du XVIIe siècle, on lance la reconstruction des bâtiments conventuels puis plus tard, on élèvera un nouveau logis abbatial. Enfin par soucis d’harmonie, la façade gothique de l’église sera remplacée par une façade néo-classique. Cependant, en 1792, l’abbaye ne compte plus que 18 moines. Elle est alors supprimée puis vendue. Ses nouveaux propriétaires, n’ayant pas les moyens de payer, l’abbaye retournera à l’état qui y installera un hôpital militaire jusqu’en 1798. Elle est revendue à Radix de Sainte-Foix, qui va en faire une résidence de villégiature. Le logis abbatial devient le « château » et l’abbaye est convertit en parc à l’anglaise. Il fit abattre la nef de l’abbatiale et fit démonter minutieusement le chœur gothique, qu’il garda à l’état de ruine.

A la mort Sainte-Foix, l’abbaye sera revendue à un industriel de Senlis, qui y établie une filature de velours et Cotton. De 1823 à 1914, l’abbaye entre dans l’histoire industrielle…

En 1914, elle sert d’entrepôt de munitions aux Allemands. Elle est alors bombardée par l’artillerie française en février 1915 avant d’être incendiée… De cette période date la disparition du cloître et ses annexes (salle du chapitre, dortoir, etc.)

Sa seconde vie débute en 1940 avec son rachat par le comte Paul Bivert pour son ami, le père Lamy. Il y fonde une nouvelle congrégation religieuse, « Les serviteurs de Jésus et Marie ». La chapelle actuelle occupe l’ancienne infirmerie. D’autres bâtiments conventuels, ainsi que le logis actuel de l’abbé ont été élevés au XVIIIe siècle, quelques décennies avant que les derniers moines ne soient chassés des lieux.

Au cœur de la forêt domaniale, le monastère est aujourd’hui le point de départ de circuits de randonnée, pédestres et cyclistes, qui suivent le cours de l’Oise et permettent de visiter aussi Noyon, Compiègne, Pierrefonds, etc. Un coin de verdure propice à la détente, à l’isolement et à la découverte d’un patrimoine exceptionnel

 

Article rédigé en collaboration avec Romain, guide conférencier pour Noyon Tourisme.

Plus d’informations par téléphone au 03 44 75 72 00 ou sur leur site Internet. Adresse :  1 Place Saint-Eloi, 60138 Chiry-Ourscamp

Alexandra

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